Le turbulent destin de Jacob Obertin – Catalin Dorian Florescu

https://lescauseriesdumercredi.files.wordpress.com/2014/07/65423-9782021064629.jpgContrairement à ce que son titre peut présager, ce roman ne raconte pas que la vie, pour le moins chaotique de Jacob Obertin, mais aussi celles de ses ancêtres, remontant jusqu’au 17e siècle. Caspar Obertin (ou Aubertin), ancien soldat, décide de déserter l’armée suédoise pour laquelle il combat et de revenir dans son pays natal : la Lorraine. Il s’y réinstalle par la manière forte, faisant preuve d’une violence inouïe. Quelques générations plus tard, Frederick Obertin doit fuir cette région devenue inhospitalière. La faim et la pauvreté le pousse avec d’autres lorrains et alsaciens, à aller s’installer dans le Banat, une région du Sud Est de l’Europe, dont la ville principale est Timisoara, et qui, à cette époque appartient à l’Empire Austro-Hongrois. Là ils fondent un village (Triebswetter) et se mettent à cultiver la terre (marécageuse et pauvre) qui leur a été donnée par l’impératrice d’Autriche. Après des débuts très difficiles, ils finissent par devenir des paysans prospères. Ils sont alors assimilés aux Souabes : autre peuple appelé à émigrer dans cette région, et parlent essentiellement allemand. Mais dans les années 1920, il ne reste plus que deux Obertin au village : Niclaus et sa fille Eva. Cette dernière, après avoir fait fortune en Amérique, est revenue et a permis de redresser les finances de la ferme. Arrive un jour de forte tempête, où la maison des Obertin brûle, un certain Jakob, homme mystérieux, sans nom, qui lui annonce qu’il vient pour l’épouser : ayant 27 ans et aucun prétendant, elle accepte. Jakob prend alors le nom d’Obertin, et surtout prend en main la ferme qu’il va faire prospérer comme jamais. Mais voilà, de leur union nait le petit Jacob qui, lui, n’a ni le caractère, ni la force de son père. C’est un enfant fragile, souvent malade, et que son père va finir par renier… mais Jacob n’a pas dit son dernier mot…

L’histoire de cette famille se mêle aux grands évènements historiques de l’Europe et aux mouvements de population qu’ils ont engendré, de gré ou de force, depuis le 17e siècle jusqu’aux années 1950. Elle met aussi en avant les difficultés que peut avoir un peuple migrant à s’installer et à s’intégrer dans un pays dont les mœurs, la culture et surtout la religion et la langue ne sont pas les mêmes. La période allant de l’entre-deux guerres, avec la montée du nazisme (les Souabes soutenaient le régime hitlérien), puis l’arrivée des russe à la libération, et l’instauration du régime communiste, montrent à quel point, un peuple peut être, malgré lui le jouet des puissants et subir les pires humiliations sans avoir rien demandé à personne…

Cependant, même si le sujet de ce roman est intéressant, son écriture gâche un peu le plaisir. Il n’est pas écrit de façon linéaire, et cette façon décousue de passer sans cesse d’une période de l’histoire à une autre, n’apporte rien. Je pense même que cela nuit à la lisibilité du récit.

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