Un avion sans elle – Michel Bussi

Durant dix-huit ans, le détective privé Crédule Grand-Duc a enquêté pour trouver la véritable identité de Lylie. Est-elle Emilie, la petite fille de Monique Vitral, qui tient une baraque à frites sur le front de mer de Dieppe, ou Lyse-Rose, celle de Mathilde de Carville, richissime bourgeoise vivant dans une grande demeure entourée d’une roseraie à Coupvray, près de Paris ? Pas si facile de trouver la vérité : cette petite rescapée d’un crash aérien fait tourner la tête à plus d’un et en premier lieu à Marc Vitral, devenu son frère suite à la décision du juge qui a du attribuer une famille à la petite fille alors âgée de quelques mois. Mais aussi à Malvina de Carville, qui elle aussi aurait pu devenir sa sœur si Lylie avait été placée chez les Carville… Entre le Jura, la Turquie, Paris et Dieppe, l’enquête menée par le détective (qui, malgré son prénom et les apparences, n’est pas un saint) aidé par son ami Nazim et financée par la famille Carville mène vers diverses pistes toutes aussi infructueuses les unes que les autres, et le suspense reste entier jusqu’au bout…

Une histoire originale sur une recherche d’identité complexe. Ce roman décrit les faits qui se déroulent du 2 au 4 octobre 1998, trois jours intenses durant lesquels tous les fils très emmêlés de cette enquête vont se dénouer.

[…] Lylie avait une mine terrible ce matin, comme si elle n’avait pas dormi de la nuit, même si elle tentait de lui sourire, rallongeant son café d’un peu d’eau, comme d’habitude. Soudain, comme si elle avait pris une décision importante, le regard d’Emilie s’illumina, elle but quelques gouttes de son café et se pencha à son tour sur son sac de cours. Elle en sortit un cahier à couverture vert pâle et le glissa vers Marc.

– Tiens, Marc, à mon tour. C’est pour toi !

Une inquiétude sourde submergea à nouveau Marc.

– Qu’est-ce que c’est ?

– Le carnet de Grand-Duc, répondit Emilie sans laisser à Marc le temps de respirer. Il me l’a apporté avant-hier, le lendemain de mon anniversaire. Enfin, plutôt, il me l’a déposé dans ma boîte aux lettres, ou fait déposer, je l’ai trouvé au matin.

Marc toucha du bout des doigts, avec précaution, le cahier. Sa paupière tremblait à nouveau.

Ce cahier. Les notes de Grand-Duc… il comprenait maintenant. Emilie avait passé les deux jours et les deux nuits précédents à lire et relire ce cahier… Dix-huit ans d’enquête de ce vieux fou de détective privé. La durée d’une vie. Celle d’Emilie. Au jour près.

Putain de cadeau d’anniversaire !

Marc chercha des indices dans le regard d’Emilie. Qu’avait-elle trouvé dans ce carnet ? Quelle vérité ? Une nouvelle identité ? Une sérénité, enfin ? Ou rien ? Seulement des questions sans réponses…

Emilie ne laissait rien paraître. Elle était trop forte, à ce jeu-là. Elle versait doucement de l’eau dans son café, un rituel, et le buvait à petites gorgées.

– Tu vois, Marc, il me l’a confié finalement, ce carnet. Comme il me l(avait toujours promis. La vérité, pour mon passage dans le monde des adultes.

Emilie éclata d’un rire plus nerveux que spontané. Marc hésitait à se saisir du cahier.

– Et… ? balbutia-t-il. Il dit quelque chose, dans ce carnet ? Quelque chose d’important ? Tu… tu sais maintenant ?

Emilie s’échappait encore, elle détourna les yeux vers la vitre et le parvis de Paris VIII que les étudiants traversaient par vagues éparses.

– Savoir quoi ?

Un avion sans elle – Michel Bussi – Pocket – p. 36-37

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