La Vie tranchée – Bénédicte des Mazery

Un roman jeunesse original sur la première guerre mondiale. L’histoire se déroule au service du contrôle postal des armées où des lecteurs sont chargés de « trier » le courrier que les soldats envoient à leurs proches et celui qu’ils reçoivent. Lorsqu’ils expriment leurs peurs, leur ras-le-bol de la guerre et des conditions de vie dans les tranchées, lorsqu’ils manifestent leur antimilitarisme, un certain défaitisme, évoquent un moment de fraternisation avec l’ennemi, qui subit le même sort qu’eux, lorsque leurs textes sont jugés compromettants… leurs lettres sont saisies et remises à l’état major accompagnées d’un rapport sur les revendications exprimées ou l’état général du moral des troupes. C’est là que se retrouve Louis Saint-Gervais après avoir été blessé aux orteils lors d’une offensive dans les tranchées où il vient de passer trois ans. Il accomplit sa tâche avec minutie, bien que se reconnaissant dans de nombreux courriers. Mais un jour, son ami Fernand, lui aussi blessé au combat, vient lui rendre visite, durant les fêtes de Noël. Fernand est passé devant la Commission de réforme médicale et, ayant recouvré l’usage de ses jambes, il doit retourner au front, dès le 26 décembre. Or quelques temps après son départ, Louis apprend que Fernand n’est pas arrivé à destination. Il a déserté…  Malgré lui, Louis devient son complice et sa vision de la guerre et de ses supérieurs va en être bouleversée.

Ce roman est bien une fiction, mais la plupart des lettres de poilus qui y sont citées sont authentiques. Elles expriment la souffrance des soldats, leur envie d’en finir d’une façon ou d’une autre avec cette guerre. Le point de vue de l’état Major y est également exprimé, désireux de persévérer dans le conflit et surtout de préserver le moral des soldats et de l’arrière, en censurant les lettres les plus sévères à leur égard et en établissant des listes de suspects, dont le courrier est systématiquement mis de côté. Leur intransigeance vis à vis des agitateurs n’épargne pas les officiers, réprimandés, voire condamnés au même titre que tout soldat lorsqu’ils manifestent la moindre compassion envers les poilus qu’ils ont sous leurs ordres ou ferment les yeux sur des méfaits, des manifestations ou des réactions qu’ils jugent eux-même logique au vue de la situation.

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