Il y avait un garçon de mon âge juste en dessous de chez nous – Tania Sollogoub

Jacques vit dans un immeuble à Paris. Un jour arrive chez ses voisins Anton, un garçon de son âge mais plus grand, blond avec de grands yeux bleus et un accent russe. Jacques et Anton se lient d’amitié, fréquentent le même collège et surtout se retrouvent le soir en haut d’un grand arbre situé devant leur immeuble. Ils y construisent une cabane et c’est là qu’ils vont se confier tous leurs secrets d’adolescents. Anton raconte sa Russie et Jacques est fasciné. Mais au bout de deux ans, Anton doit repartir dans son pays : il n’a pas de papiers et ne peut demeurer en France. L’année suivante, Jacques reçoit pour son anniversaire un billet d’avion : ses parents lui offrent un voyage en Russie pour qu’il aille retrouver son ami. Il part avec sa mère, et dans l’avion, ils font la connaissance de Sonia, qui rentre elle aussi en Russie avec son père Max. En leur compagnie, ils vont découvrir ce pays surprenant, dangereux et fascinant à la fois où les gens se rendent à une fête sans y être invités, où la Neva, le fleuve qui traverse Saint-Pétersbourg brille la nuit, où les voisins et les amis comptent autant que la famille, où tout est démesuré !

Voici un roman d’aventure sympathique et original : une histoire d’amitié qui pousse un jeune adolescent à traverser l’Europe pour retrouver son meilleur ami et tenter de l’aider.

Je compris vite que c’était un pays dans lequel on pouvait se perdre, s’oublier ou même se faire tuer au coin d’une rue pour quelques billets trop gros dans un sac à main. Mais, dès ce jour là, il me sembla aussi que c’était le prix à payer pour ma liberté. C’était cette odeur là que je sentais sur Anton. C’était ce grand vent frais qui m’avait emporté si loin pendant deux ans et qui nous avait fait grimper jusqu’en haut d’un arbre, au risque de nous rompre le cou, simplement pour mieux voir les couleurs du soleil en train de se coucher sur la ville. D’un geste du menton, dès le premier jour où nous nous étions rencontrés, Anton avait fait éclater toutes les digues de ma vie. Il y avait planté une graine d’autre chose, venue d’un pays où les choix n’étaient pas sans conséquences et où la vie n’était pas sans danger. Et, malgré mon destin à peu près assuré par la prévenance sans faille de mes parents, cette graine avait poussée toute seule et m’avait ouvert le monde. Parfois, ainsi, la vie peut brutalement éclore.

Et cela a duré tout le voyage : on a ri pendant des heures en apprenant avec avidité les règles si différentes de ce monde inconnu.

Il y avait un garçon de mon âge juste en dessous de chez nous  –  Tania Sollogoub  –  L’école des loisirs  –  Médium  –  p. 67-68

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