N’aie pas peur si je t’enlace – Fulvio Ervas

Andrea est autiste. L’année de ses dix-sept ans, son père décide de l’emmener faire un voyage à travers les Etats-Unis. Arrivés à Miami, ils louent une moto et vont traverser ainsi le pays d’Est en Ouest. Mais arrivés à Los Angeles, ils en veulent encore et décident de poursuivre à travers l’Amérique du Sud, ils iront alors jusqu’au Brésil. Ce voyage, Franco Antonello l’a réellement fait avec son fils, ne sachant ce que ce dernier en retiendrait, avec peut-être l’espoir qu’il en reviendrait un peu transformé. L’auteur raconte leurs découvertes, leurs rencontres, les réactions des gens face à l’attitude parfois inattendue d’Andréa,… il parle aussi des doutes et des espoirs de ce père qui essai autant qu’il le peut de comprendre son fils, dont le désir le plus cher est qu’il soit heureux, même s’il est extrêmement difficile, voire impossible d’entrer dans son monde.

Un très beau récit, mené tambour battant, où un père dit tout l’amour qu’il éprouve pour son fils.

Andrea est assis derrière moi, je le salue, il me salue et je m’assoupi. Je sens qu’on m’appuie sur le ventre et j’ouvre les yeux : Andrea me regarde.

Nous arrivons bientôt à destination, il faudra louer une voiture, trouver un hôtel et décider de notre parcours pour rejoindre le Panama : toutes choses devenues pour nous très banales, simples comme bonjours. Nous sommes désormais des voyageurs experts.

[…] L’employée très aimable qui traite notre dossier a remarqué Andrea et lorsque nous partons, elle me murmure qu’il est mon ange. Que je dois me réjouir d’avoir un tel enfant car c’est un cadeau du ciel.

Beaucoup nous félicitent pour la manière dont nous affrontons les situations. Ils sont persuadés qu’Andrea est une personne heureuse, capable de vivre dans deux dimensions : la nôtre, sur terre, et l’autre que je ne réussis pas encore à comprendre tout à fait.

Oui, j’ai peut-être de la chance. Mais pour ce qui est d’Andrea, mieux vaut ne pas s’avancer. Moi je suis plongé dans sa vie chaque jour, pas seulement le quart d’heure entrevu par les autres. Je pense qu’il souffre, et je ne serais heureux que si je pouvais le libérer de cette prison qui l’enferme. Et tant pis si les anges se fâchent !

N’aie pas peur si je t’enlace – Fulvio Ervas – Liana Levi – p. 173-174

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s