Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers – Benjamin Alire Saenz

C’est l’histoire d’une amitié entre deux adolescents de 15 ans, Couverture de Aristote et Dante découvrent les Secrets de l'Universaux États-Unis, à la fin des années 1980. Aristote, que tout le monde appelle Ari, est plutôt solitaire et réservé. Son père est revenu de la guerre du Vietnam dévasté et a perdu le goût de vivre. La relation avec sa mère est plus chaleureuse et complice. Ses deux sœurs sont beaucoup plus âgées que lui et un mystère plane sur son frère, qu’il a très peu connu. Ce dernier est en prison et personne ne parle de lui. Ari aimerait en savoir plus sur lui, mais en parler relève du défi. Il fait un jour la connaissance de Dante, lui aussi très solitaire, mais plus expansif. Fils unique adulé par ses parents, Dante se dit différents. Il sait qu’il est attiré par les garçons, et le vit assez bien, même s’il est rejeté par la société. Une amitié sincère naît entre eux. En apprenant à se connaître l’un l’autre, ils se découvrent eux-même. Mais un jour, Dante annonce à Ari qu’il déménage pour un an. Leur amitié va t-elle résister à cet éloignement ?

Il y a quelques longueurs dans ce roman mais le thème de la découverte de soi y est très bien traité. Ari est un héro attachant, un adolescent discret, enfermé malgré lui dans un secret de famille.

La fièvre est tombée.

Mais les rêves ont continué. Mon père, mon frère et Dante étaient dedans. Parfois ma mère aussi.

Une image me poursuivait : j’avais quatre ans et je marchais dans la rue avec ma mère qui me tenait par la main. Était-ce un souvenir, un rêve ou un espoir ?

Allongé dans mon lit, je pensais à tous ces problèmes banals et aux mystères de la vie qui n’intéressaient que moi. Cette avant-dernière année de lycée à Austin High serait nulle. Dante allait à Cathedral parce que ce lycée avait une équipe de natation. mes parents avaient voulu m’inscrire là-bas, mais j’ai refusé. j’avais insisté sur le fait que c’était une école pour les riches. ma mère m’avait dit qu’il existait des bourses pour les élèves exceptionnels. Je lui avais rétorqué que je n’étais pas assez intelligent pour décrocher une bourse. Elle avait déclaré qu’ils pouvaient se permettre de payer ma scolarité là-bas. j’avais supplié mon père de ne pas m’y inscrire.

Je pensais à l’accusation de ma mère : « Tu n’as pas d’amis », et au dessin du rocking-chair qui était en fait un portrait de moi.

je ne m’étais jamais senti aussi triste.

je savais que je n’étais plus un enfant, mais j’avais le sentiment d’être encore un petit garçon. En revanche, mes états d’âme devenaient ceux d’un homme. La solitude d’un homme est plus grande que celle d’un enfant.

Étrangement, mon amitié avec Dante accentuait mon sentiment de solitude. Peut-être parce que Dante semblait partout à sa place et que j’avais l’impression de ne jamais l’être. je n’étais même pas à l’aise dans mon propre corps. je me transformais en une personne que je ne connaissais pas. Aucune de mes émotions n’avait de sens.

Plus jeune, j’avais tenu un journal intime. En sixième, pour mon anniversaire mes parents m’avaient offert un gant de base-ball et une machine à écrire. Je faisais partie d’une équipe, donc le gant était logique. Mais une machine à écrire ? J’avais fait semblant de l’aimer, mais je mentais très mal.

Finalement, j’avais appris à taper à la machine et j’avais été viré de l’équipe de base-ball (je détestais ce sport que je ne pratiquais que pour faire plaisir à mon père).

je ne sais pas pourquoi j’ai pensé à tous ces trucs. Je n’avais envie de parler à personne, sauf à moi-même.

Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers – Benjamin Alire Saenz – Pocket Jeunesse – p.77-78