Les petites reines – Clémentine Beauvais

Afficher l'image d'origineDepuis trois ans, Malo, un beau gosse de seconde, établit avec la complicité d’autres élèves, le classement des trois boudins de l’année du collège-lycée Marie Darrieussecq. Cette année, Mireille Laplanche a été élue « Boudin de bronze », après avoir été « Boudin d’or » deux années de suite. Mais ce déplorable concours ne semble pas l’affecter. Ce n’est pas le cas des deux nouvelles élues : Astrid et Hakima. Mireille contacte ces co-lauréates afin de faire leur connaissance et rapidement, une idée leur vient : elles ont toutes les trois des revendications à faire à… la présidente de la république et son mari… elles décident donc de partir à Paris et de s’inviter à la garden-party de l’Élysée pur y faire un scandale. Soutenues médiatiquement par une journaliste du Progrès, et après quelques semaines de préparation, elles s’élancent sur les routes pour rallier Bourg-en-Bresse à Paris, en vendant des boudins pour financer leur projet… l’aventure ne fait que commencer !

Au premier abord, ce roman m’a paru vulgaire (non par son sujet, mais pour le vocabulaire employé), mais au fil de ma lecture, je me suis attachée à ces trois filles sympathiques, drôles, et très natures !  Leur épopée, plutôt originale, est pleine de rebondissements et la personnalité de chacune compose un trio tonique et impertinent. Une belle victoire des « moches » sur les « beaux » et une bonne claque aux préjugés !

Il faut ensuite décorer le pick-up. Dans un coin, notre artistique Hakima découpe dans de grands morceaux de cartons des pochoirs de lettres (B.O.U.D.I.N.S) et d’animaux, de fleurs et de fruits et légumes –oiseaux, tulipes, poissons, cochons, carottes, pommes – que nous appliquons sur les parois du pick-up, avant d’y vaporiser des nuages de couleurs à l’aide de bombes de peintures gracieusement offertes par Jamal (« Une chance que tu aies toutes ces bombes de peintures chez toi, Jamal ! », remarque la touchante Hakima).

Après son relooking, notre pick-up a belle gueule, je vous prie de me croire. On croirait qu’une émission de télé est passée par là. Ce n’est pas du meilleur goût, certes, mais ça en jette. Une chose est sûre : ce cube argenté et floqué de dessins colorés, précédé par trois vélos très mal assortis que conduiront trois Boudins et un char solaire, on va le voir venir de loin ! Et l’entendre, et le sentir ! Parce que, quand l’odeur de peinture sera remplacée par celle de nos succulents boudins frétillants doucement dans leur poêlons… et de la compote qui clapote, et des oignons caramélisés s’enroulant sensuellement sur eux-mêmes tels des cloportes, et de la moutarde poivrée, adoucie par la crème…

– Je ne comprends pas pourquoi vous vous entêtez à revendiquer ce nom de Boudins ! s’offusque Maman. C’est un mot horrible.

– On le rendra beau, tu vas voir. Ou au pire, on le rendra puissant.

(Rubrique trucs et astuces de la vie, par Tata Mireille : prends les insultes qu’on te jette et fabrique-toi des chapeaux avec.)

Les petites reines – Clémentine Beauvais – Sarbacane – p. 94-95